NICARAGUA - Actualité (1990-1996)


NICARAGUA - Actualité (1990-1996)
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République du Nicaragua

Politique intérieure

Le 9 février 1990, le gouvernement remet en liberté les 1 190 prisonniers politiques.

Le 25 février, Violeta Chamorro, candidate de l’Union nationale de l’opposition (U.N.O.), coalition de 14 partis, depuis les communistes jusqu’aux conservateurs, remporte l’élection présidentielle avec 54,7 p. 100 des voix contre 40,8 p. 100 à Daniel Ortega, le président sortant, dirigeant du Front sandiniste de libération nationale (F.S.L.N.). La victoire surprise de la veuve de Pedro Joaquin Chamorro, directeur du journal La Prensa , assassiné en 1978 sous le régime de la dictature somoziste, met fin à près de 11 ans de pouvoir sandiniste, progressivement discrédité par son échec économique et ses atteintes aux libertés. L’U.N.O. dispose de 51 sièges sur 90 au Parlement, contre 39 au F.S.L.N.

Le 28 février, Daniel Ortega annonce le rétablissement du cessez-le-feu unilatéral.

Le 19 avril, les guérilleros de la Contra (antisandinistes) signent un accord de cessez-le-feu avec l’armée sandiniste. Celui-ci constitue le préalable à l’exécution du plan de démobilisation conclu par la Contra avec les futurs dirigeants nicaraguayens le 23 mars.

Le 25 avril, la présidente Violeta Chamorro prend officiellement ses fonctions. Elle maintient à la tête de l’armée le général Humberto Ortega, frère du président sortant.

Les 21 et 22 juillet 1993, d’anciens sandinistes et d’anciens contras, agissant ensemble, occupent Estelí. La reconquête de la ville par les troupes régulières fait une cinquantaine de morts.

Le 19 août, un commando de recontras (anciens contre-révolutionnaires remobilisés depuis 1991) retient prisonniers les 38 membres d’une délégation gouvernementale, près de Quilali, dans le nord du pays. Ils réclament la démission du général Ortega et de l’«homme fort» du régime, le ministre Antonio Lacayo, tous deux proches des sandinistes. Cette action suit de 48 heures le vote par le Parlement d’une amnistie générale pour les recontras et les anciens soldats sandinistes passés dans la clandestinité prêts à déposer les armes.

Le 20 août, des militants sandinistes retiennent en otage, à Managua, le vice-président Virgilio Godoy et une cinquantaine d’autres membres de l’U.N.O., coalition qui a retiré en janvier son soutien à Violeta Chamorro. Les ravisseurs exigent la libération des otages des recontras. Le 26, les derniers otages sont relâchés à l’issue d’opérations de médiation menées par l’archevêque de Managua, à Quilali, et par l’ancien chef sandiniste Daniel Ortega, dans la capitale.

Le 24 février 1994, les derniers contras signent un accord avec le gouvernement; cet accord prévoit leur désarmement et l’intégration de la plupart d’entre eux dans la police nationale.

En mai, le congrès du F.S.L.N. donne lieu à une scission de la formation révolutionnaire. Les rénovateurs dirigés par l’ancien vice-président de la République Sergio Ramirez fondent le Mouvement de rénovation sandiniste.

Le 7 février 1995, le Parlement approuve une révision en profondeur de la Constitution, alors que la présidente Chamorro souhaitait un simple toilettage des institutions: un second tour est instauré pour l’élection présidentielle, le mandat du chef de l’État est ramené de 6 à 5 ans, le président ne peut exercer 2 mandats consécutifs, les proches du chef de l’État ne peuvent être candidats à l’élection présidentielle, les pouvoirs sont rééquilibrés au profit du législatif, un contrôle civil est instauré sur l’armée, et le service militaire obligatoire est supprimé. L’armée s’engage à faire respecter la Constitution de 1987 qui continue à être reconnue par la présidente.

Le 21, le général Humberto Ortega quitte le commandement des forces armées. Il est remplacé par Joaquin Cuadra, qui reste un proche des sandinistes.

Le 20 octobre 1996, le candidat de l’Alliance libérale (conservateur), Arnoldo Aleman, remporte l’élection présidentielle dès le premier tour, avec 51,02 p. 100 des suffrages. L’ancien président sandiniste Daniel Ortega recueille 37,75 p. 100 des voix. L’Alliance libérale obtient également la majorité au Parlement lors des élections législatives qui se déroulent le même jour.

Vie économique

En 1990, la présidente Violeta Chamorro hérite d’une économie ravagée par la gestion sandiniste et par 12 ans de guerre civile.

Le 21 septembre, le ministre de l’Économie présente un plan d’austérité d’une durée de 3 ans.

En 1992, les recettes du commerce extérieur diminuent de 16,4 p. 100, touchées par la faiblesse des cours des principaux produits d’exportation, le café, le sucre et le coton. Le revenu par habitant diminue, pour la neuvième année consécutivement. L’austérité est vivement dénoncée par les partisans de l’ancien régime sandiniste, qui ont conservé d’importantes positions dans l’administration et dans l’armée, en vertu de la politique de réconciliation nationale menée par la présidente.

En 1993, le taux de chômage atteint 60 p. 100, en raison de la démobilisation des soldats. La privatisation des mines d’or, des plantations de canne à sucre et de bananiers, qui aurait pu donner de la vigueur à une économie exsangue, est bloquée par les syndicats sandinistes. Les négociations avec le F.M.I. reprennent en novembre.

En 1994, la reprise de l’activité et des investissements étrangers améliore la situation économique du pays. Toutefois, le taux de croissance reste inférieur à celui de l’expansion démographique, et le chômage atteint toujours 60 p. 100 de la population active. Avec une dette publique de 10,9 milliards de dollars, le Nicaragua reste en tête des pays les plus endettés par habitant.

En 1995, la croissance se maintient et les exportations augmentent tout en étant encore inférieures de moitié aux importations. L’inflation reste cantonnée autour de 10 p. 100.

En 1996, les réformes économiques en vigueur depuis 1990 contribuent à la lente reprise de la production. La croissance augmente sans que l’inflation s’en ressente. La dette extérieure est ramenée de 11 à 4 milliards de dollars. Partisan de l’économie de marché, le nouveau président Arnoldo Aleman annonce sa volonté d’aider en priorité les petites et moyennes entreprises et l’agriculture. La réforme agraire ne doit pas être remise en cause, mais les propriétaires spoliés pourraient être indemnisés.

Relations internationales

Le 20 avril 1990, le Sénat des États-Unis vote la levée des sanctions économiques décrétées en 1985 contre le Nicaragua.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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